06.09.2009
Comment peut-on être socialiste ?
Comment fonctionne le petit monde des militants et des élites PS ? En disséquant la « société des socialistes », Rémi Lefebvre et Frédéric Sawicki dressent le portrait à la fois sombre et pathétique d’un parti recroquevillé sur lui-même, au grand désespoir de ses militants.
Pour citer : Xavier Molénat, "Comment peut-on être socialiste ?", Sciences Humaines.com
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04.09.2009
Conception jaurésienne de la propriété sociale
150e anniversaire de la naissance de Jean Jaurès (3 septembre 1859)
Le devenir de la propriété publique est aujourd’hui posé. Le constat est cruel. Du côté des puissances financières, des élites mondialisées et des intérêts privés, l’offensive néolibérale des trente dernières années s’est efforcée de la réduire à la portion congrue ou d’en dénaturer ses formes et ses objectifs (privatisations partielles ou complètes, ouverture à la concurrence, dérives de l’État-patron…). Du côté des salariés et de l’intérêt général, le mouvement ouvrier politique, syndical et associatif), sur la défensive et en partie prisonnier de sa propre histoire (de ses divisions, de ses conceptions antérieures de la transformation sociale et de l’appropriation des moyens de production et d’échange, de la façon dont les pays dits du « socialisme réel » ont socialisé les forces productives…) n’a pas su et n’a pas pu réagir à cette offensive.
Il résulte de cette figure particulière, et historiquement datée, de la lutte des classes que, depuis des années, la question de la propriété a été largement occultée par ceux-là mêmes qui auparavant en faisaient le centre de leur réflexion transformatrice. Au vu de l’histoire du socialisme et du mouvement ouvrier, l’évolution chaotique des forces de gauche dans notre pays, le bilan de leur politique gouvernementale et le recentrage de leur programme en témoignent tout particulièrement.
Or, nous faisons l’hypothèse que c’est précisément parce que cette question centrale de la propriété a été occultée par la gauche et le mouvement ouvrier que l’offensive néolibérale a pu se déployer et que socialistes, communistes et « gauche de la gauche » ont été réduits à l’impuissance. Il est donc urgent de s’interroger à nouveau sur ce qui a fait la spécificité du socialisme, en terme de doctrine et de pratique, afin de renouer avec les fondamentaux de son histoire, sans pour autant figer les réflexions d’aujourd’hui dans l’adoration du passé et/ou dans la remise au goût du jour ou la simple prolongation de ce qui a été défait (car les raisons de la défaite parlent aussi du contenu, des contradictions et imperfections de ce qui a été défait…). [Lire la suite]
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03.09.2009
La « panthéonisation » de Jean Jaurès
150e anniversaire de la naissance de Jean Jaurès (3 septembre 1859)
Jean Jaurès fut enterré deux fois : en août 1914, après son assassinat à la veille de la Grande Guerre, et en novembre 1924, quand son corps fut transféré solennellement au Panthéon. Le premier enterrement fut un événement national majeur, en relation avec le choc de l'assassinat survenu à un moment de tension politique ; le second fut aussi un événement national d'importance, mais son impact n'était pas à mettre sur le compte d'une émotion suscitée par une mort déjà lointaine. L'entrée au Panthéon de Jaurès, fut, au contraire, un événement spectaculaire, planifié des semaines à l'avance, et entièrement mis en scène par l'État. Ce fut, selon les mots de Pierre Nora (1973 : 217) un « événement monstre » : « Le merveilleux des sociétés démocratiques », produit pour et par les masses, avec l'aide des mass-médias modernes. Mais la panthéonisation de Jaurès fut bien plus qu'un simple spectacle. Comme le premier enterrement, ce fut avant tout un événement politique qui eut d'importantes conséquences ; mais alors que le précédent renforçait l'union politique due à l'approche de la guerre, le suivant exacerba les tensions consécutives à la victoire du Cartel des gauches. La panthéonisation différait des funérailles précédentes à bien des égards ; mais, de par sa forme et de par ses significations, elle doit beaucoup aux événements de l'été 1914, et c'est par là qu'il faut commencer. Jean Jaurès, le dirigeant socialiste et la figure centrale de l'extrême gauche depuis le début du siècle, fut assassiné le 31 juillet 1914 par un nationaliste fanatique, au moment où il tentait d'enrayer la marche vers une guerre qui embraserait toute l'Europe. En apprenant la terrible nouvelle, le gouvernement français, qui appréhendait déjà l'attitude des ouvriers à l'égard d'une mobilisation générale, craignit que l'assassinat ne mène à la guerre civile. Pourtant, sa mort produisit l'effet inverse et comme l'ont noté Kriegel et Becker (1964 : 112) : « L'Union sacrée s'est faite d'abord autour de Jaurès. » Au cours des quatre jours tumultueux qui s'écoulèrent entre l'assassinat et l'enterrement, jours pendant lesquels fut lancé en France l'ordre de mobilisation générale, le gouvernement perçut que les ouvriers étaient prêts à se rallier au drapeau, même si l'Union sacrée ne put être finalement scellée que le jour des funérailles.
Le cercueil de l'« apôtre de la paix », devenu un « martyr », fut placé sur un catafalque dressé près de sa maison à Passy, et ce fut véritablement autour de lui que s'unirent les différentes composantes de l'Union sacrée. Bien que ce ne fussent pas des funérailles nationales, tous les représentants officiels de la nation étaient présents, y compris le premier ministre Viviani, les présidents de la Chambre et du Sénat, des ministres, des sénateurs et des députés de tous les partis politiques. Les nationalistes de la Ligue des patriotes étaient là, eux aussi, avec leur président, Maurice Barrès, qui se tenait près de l'estrade des orateurs. On remarquait particulièrement les socialistes et les dirigeants syndicaux qui faisaient face à une foule immense d'ouvriers agitant des drapeaux rouges, ce qui était jusqu'alors interdit dans ce genre de cérémonies. Parmi ces drapeaux, il y en avait un, tricolore, sur lequel était inscrit : « Valmy », souvenir de la première victoire de la glorieuse armée révolutionnaire de 1792.
La présence conjointe des drapeaux rouge et tricolore suggérait un message patriotique qui se reflétait aussi dans les discours de l'orateur le plus attendu, Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT, la seule organisation importante de l'extrême gauche qui ne s'était pas encore ralliée à la politique de défense nationale défendue par le gouvernement. Sans préparer son discours à l'avance et sans consulter les autres dirigeants de la CGT (Becker 1977 : 402), Jouhaux se mit à affirmer la nécessité de résister à l'agression allemande ; encouragé par les applaudissements de la foule, il continua en développant le thème révolutionnaire connu d'une France républicaine apportant la liberté aux peuples pliant sous le joug du despotisme des monarchies allemande et autrichienne. La mère-patrie était en danger, et le dirigeant syndical annonçait le retour de la classe ouvrière syndicalisée dans le corps de la nation. Les circonstances particulières de ce discours aident à expliquer cette soudaine et évidente proclamation : les deux crises dont parlait Jouhaux, la guerre toute proche et l'assassinat de Jaurès, convergeant en un seul événement tout-puissant, le décidèrent à combler le fossé entre le mouvement ouvrier et la République. Un peu plus tard, le même jour, à la Chambre des députés, Viviani lut le discours du président de la République, Poincaré, dans lequel fut inaugurée l'expression : « Union sacrée ». [Lire la suite]
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02.09.2009
Les chemins de l’anticolonialisme
Jaurès a vécu la période de la colonisation. Il l’a accompagnée et il est passé à son égard de l’approbation la plus enjouée à la critique d’abord mesurée, puis de plus en plus catégorique, mais aussi de plus en plus réfléchie. Sans doute d’ailleurs, sa réflexion restait encore partiellement en suspens au moment de sa mort prématurée (rappelons qu’il n’était âgé que de cinquante-quatre ans en 1914). L’évolution n’en est pas moins saisissante.
Pour citer : Gilles Candar, "Les chemins de l'anticolonialisme", Revue ANV n°140
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01.09.2009
Les idées politiques et sociales de Jean-Jacques Rousseau, par Jean Jaurès
150e anniversaire de la naissance de Jean Jaurès (3 septembre 1859)
Lors de sa publication, dans la Revue de Métaphysique et de Morale (longtemps après avoir été prononcé), ce texte était accompagné de la note suivante : « Conférence prononcée le 19 décembre 1889, à la Faculté des lettres de Toulouse, par M. Jaurès, chargé de cours de philosophie, — recueillie par M. Gheusi, professeur à l’Université de Toulouse, député de la Haute- Garonne. M. Jaurès, qui n’a pu revoir cette conférence, a bien voulu nous autoriser à la publier telle quelle. » [Lire l'article]
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31.08.2009
La mémoire socialiste 1905-2007. Sociologie du souvenir politique en milieu partisan
150e anniversaire de la naissance de Jean Jaurès (3 septembre 1859)
Grâce à une articulation entre souvenir et récit partisan, Philippe Marlière mesure la place de la culture politique et des usages de la mémoire dans les pratiques militantes. Il choisit pour y parvenir un courant politique doté d’une histoire séculaire, le socialisme, et fonde son travail sur une approche multiscalaire. L’auteur considère successivement les deux échelles : il présente les structures nationales chargées d’entretenir la flamme du souvenir partisan puis propose une enquête de terrain au cœur de deux sections, jugées emblématiques de la mémoire socialiste, Lille et Carmaux. Les analyses locales sont principalement fondées sur l’histoire orale, Philippe Marlière ayant réalisé 34 entretiens à Lille et 27 à Carmaux (et Blaye-les-Mines, dont les militants partagent les engagements carmausins). [Lire l'article]
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30.08.2009
L’émancipation sociale des travailleurs
150e anniversaire de la naissance de Jean Jaurès (3 septembre 1859)
Discours à la Chambre des députés : 21 novembre 1893
Oui, par le suffrage universel, par la souveraineté nationale qui trouve son expression définitive et logique dans la République, vous avez fait de tous les citoyens, y compris les salariés, une assemblée de rois. C’est d’eux, c’est de leur volonté souveraine qu’émanent les lois et le gouvernement ; ils révoquent, ils changent leurs mandataires, les législateurs et les ministres, mais, au moment même où le salarié est souverain dans l’ordre politique, il est dans l’ordre économique réduit à une sorte de servage.
Oui ! au moment où il peut chasser les ministres du pouvoir, il est, lui, sans garantie aucune et sans lendemain, chassé de l’atelier. Son travail n’est plus qu’une marchandise que les détenteurs du capital acceptent ou refusent à leur gré […].
Il est la proie de tous les hasards, de toutes les servitudes et, à tout moment, s’il veut exercer son droit légal de coalition pour défendre son salaire, il peut se voir refuser tout travail, tout salaire, toute existence par la coalition des grandes compagnies minières. Et tandis que les travailleurs n’ont plus à payer, dans l’ordre politique, une liste civile de quelques millions aux souverains que vous avez détrônés, ils sont obligés de prélever sur leur travail une liste civile de plusieurs milliards pour rémunérer les oligarchies qui sont les souveraines du travail national.
Et c’est parce que le socialisme apparaît comme seul capable de résoudre cette contradiction fondamentale de la société présente, c’est parce que le socialisme proclame que la République politique doit aboutir à la République sociale, c’est parce qu’il veut que la République soit affirmée dans l’atelier comme elle est affirmée ici, c’est parce qu’il veut que la Nation soit souveraine dans l’ordre économique pour briser les privilèges du capitalisme oisif, comme elle est souveraine dans l’ordre politique, c’est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain. C’est la République qui est le grand meneur : traduisez-la donc devant vos gendarmes !
Et puis, vous avez fait des lois d’instruction. Dès lors, comment voulez-vous qu’à l’émancipation politique ne vienne pas s’ajouter, pour les travailleurs, l’émancipation sociale quand vous avez décrété et préparé vous-mêmes leur émancipation intellectuelle. Car vous n’avez pas voulu seulement que l’instruction fût universelle et obligatoire… vous avez voulu aussi qu’elle fût laïque, et vous avez bien fait.
Vous n’avez pas, comme vous en accusent souvent des adversaires passionnés, ruiné les croyances chrétiennes, et ce n’était pas votre objet. Vous vous proposiez simplement d’instituer dans vos écoles une éducation rationnelle. Ce n’est vous qui avez ruiné les croyances d’autrefois ; elles ont été minées bien avant vous, bien avant nous, par les développements de la critique, par la conception positive et naturaliste du monde, par la connaissance et la pratique d’autres civilisations, d’autres religions, dans l’horizon humain élargi… Ce n’est pas vous qui avez rompu les liens vivants du christianisme et de la conscience moderne : ils étaient rompus avant vous. Mais ce que vous avez fait, en décrétant l’instruction purement rationnelle, ce que vous avez proclamé, c’est que la seule raison suffisait à tous les hommes pour la conduite de la vie.
[…]
Par là même, vous avez mis en harmonie l’éducation populaire avec les résultats de la pensée moderne ; vous avez définitivement arraché le peuple à la tutelle de l’Église et du dogme ; vous avez rompu, non pas ces liens vivants dont je parlais tout à l’heure, mais les liens de passivité, d’habitude, de tradition et de routine qui subsistaient encore.
Mais qu’avez-vous fait par là ? Ah ! je le sais bien, ce n’était qu’une habitude et non pas une croyance qui survivait encore en un grand nombre d’esprits ; mais cette habitude était, pour quelques-uns tout au moins, un calmant et un consolant. Eh bien ! vous, vous avez rompu la vieille chanson qui berçait la misère humaine… et la misère humaine s’est réveillée avec des cris, elle s’est dressée devant vous et elle réclame aujourd’hui sa place, sa large place au soleil du monde naturel, le seul que vous n’ayez point pâli.
De même que la Terre perd, par le rayonnement nocturne, une partie de la chaleur que le jour y a accumulée, une part de l’énergie populaire se dissipait par le rayonnement religieux dans le vide sans fond de l’espace.
Or, vous avez arrêté ce rayonnement religieux, et vous avez ainsi concentré, dans les revendications immédiates, dans les revendications sociales, tout le feu de la pensée, toute l’ardeur du désir ; c’est vous qui avez élevé la température révolutionnaire du prolétariat, et, si vous vous épouvantez aujourd’hui, c’est devant votre œuvre !
[…]
Vous trouverez bien assez le moyen, sans changer les lois, de supprimer en fait la liberté des syndicats ouvriers et de faire une loi de servitude de ce qui a été une loi d’émancipation.
Et je suis en droit de conclure que le socialisme est à ce point un mouvement profond et nécessaire, qu’il sort si évidemment, si puissamment de toutes les institutions républicaines, laïques, démocratiques, que, pour combattre le socialisme, vous allez être condamnés dans tous les ordres, dans l’ordre politique, dans l’ordre fiscal et dans l’ordre syndical, à une œuvre de réaction.
Et bien ! faites-la, essayez-la ! et pendant que vous userez ce qui peut vous rester de force et de prestige à lutter contre le peuple en marche, dans les intervalles que nous laisseront vos persécutions impuissantes, nous apporterons les projets de réforme que vous n’avez pas apportés ; et, puisque vous désertez la politique républicaine, c’est nous, socialistes, qui la ferons ici.
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19.06.2009
Plaidoiries révolutionnaires
L’historien, selon Marc Bloch, exerce un métier voisin de celui de juge d’instruction, chargé d’enquêter à charge et à décharge. Sur un sujet aussi passionné que celui du procès et de l’exécution de Marie-Antoinette, il n’est pas sans intérêt de revenir sur l’attitude adoptée par les historiens de référence de la gauche française ? Justifient-ils et jusqu’à quel point ce nouveau sang versé ? Envoient-ils la reine à la mort sans état d’âme, compte tenu de ses choix politiques constants et de l’accusation étayée de trahison nationale ? Se montrent-ils malgré tout sensibles à sa noble défense face aux accusations la présentant en mère indigne et perverse ?
Jules Michelet (1798-1874) n’éprouve guère de compassion pour la reine. Rien n’a de droit que le droit aimait-il à dire et il n’était pas d’un temps où les rigueurs de la loi émouvaient : « la reine fut expédiée en deux jours » écrit-il, et lui-même ne s’attarde pas. Elle était « coupable ». Au reste, « on pensait à autre chose » et le commentaire est lapidaire : « rude moment ». La comparaison avec la Pologne martyre permet de relativiser aussitôt l’exécution royale : « la République guillotine une reine. Les rois guillotinent un royaume ». Louis Blanc (1811-1882) ne peut non plus s’émouvoir, alors que toute son œuvre entend justifier la Terreur, certes « effroyable », « funeste », mais inévitable en raison des périls, de « la loi d’airain » des événements. Sa polémique à ce sujet avec Edgar Quinet (1803-1875) fut longtemps célèbre. Quinet, lui aussi figure de la gauche quarante-huitarde et historien de la Révolution, a la passion de la liberté. C’est le ressort de son opposition farouche à l’Église et à l’Empire, de sa popularité ensuite… puis de son oubli relatif, car au fond son intelligence critique rend incommode la pleine utilisation de son œuvre dans le légendaire révolutionnaire. Et c’est finalement ce qui explique aussi sa redécouverte par de grands penseurs antitotalitaires comme François Furet ou Claude Lefort.
L’historien républicain critique le principe même de la Terreur, selon lui inutile, et surtout « système » voulu qui éloigne la Révolution des buts recherchés. Certes, la mort de la reine est un accident inévitable dans le contexte de l’automne 1793, alors que s’apprêtent à monter sur l’échafaud les Girondins eux-mêmes, et Quinet ne lui consacre pas davantage de place que Michelet. Mais il note cependant à quel point la Révolution s’est montrée implacable envers les femmes. Il le regrette, au nom de la politique comme de la justice, mais le comprend : « la révolution amenait l’égalité ; le malheur ou l’ignorance fit que la révolution se montra d’abord par l’égalité des supplices ». Le raisonnement se tient. La condamnation d’Olympe de Gouges rappelle que, pour les femmes, la guillotine précéda quand même le droit de vote de 150 ans…
Pour citer : Gilles Candar, Télérama hors série « Marie-Antoinette », 2008, p. 84-86, via Jaurès.info
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14.06.2009
Jaurès au théâtre
Jaurès est un homme de parole. De l’écriture aussi, certes, mais une grande part de son rayonnement vient de sa capacité oratoire, de sa capacité à séduire, convaincre, entraîner ses auditoires… Pourquoi ? Comment ? Nous aimerions le savoir plus précisément, mais ce n’est pas facile… Jaurès a toujours refusé de se laisser enregistrer : il disait avoir besoin d’un auditoire, et il n’apparaît fugitivement que dans deux courts extraits d’actualités filmées. Nous devons recourir aux témoignages écrits, aux traces refroidies sur papier, et comme pour Molière, Talma, Mademoiselle Rachel, etc., bien évidemment, nous le regrettons fort ! Il faut essayer pourtant de l’imaginer, le comprendre et l’approcher, et puisqu’après Bernard Fresson, Bernard-Pierre Donnadieu ou Jean-Claude Drouot, de nouveaux comédiens vont s’employer à l’incarner et à le faire vivre devant des publics d’aujourd’hui, ce peut être aussi l’occasion de chercher un instant quelle pratique Jaurès lui-même avait du théâtre et s’il s’est exprimé sur ce sujet ?
Pour citer : Gilles Candar, "Jaurès au théâtre", Jaurès.info
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26.05.2009
Jaurès et les patrons, le faux et le vrai, par Gilles Candar
Histoire et rumeur….Au départ, un article de Jean Jaurès dans La Dépêche (de Toulouse), « Les misères du patronat », paru dans le numéro daté du mercredi 28 mai 1890. Depuis quelques décennies, tout ou partie de l’article est cité, tronqué, déformé, transformé par des publications socio-professionnelles ou politiques pour lui faire dire… n’importe quoi. Gilles Candar analyse l'histoire de cette manipulation et, surtout, décrypte le texte original de Jaurès. On voit alors un futur leader socialiste critique, à la fois sur l'état de la société française de l'époque et sur le programme des républicains.
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